Ce temps libre

Ce Temps Libre


En tout temps le sage veille. – Proverbe du XVIème siècle


Le temps est un capital, on l’investit comme on veut, comme bon nous semble (certes, au meilleur des cas), mais une chose est sure : on doit toujours l’investir, sinon on serait plus frivole qu’indulgent. Mais vraiment ? Sommes-nous aussi obligés à l’investir ? Il parait bien que non, car après tout on a tous notre temps libre, n’est-ce pas ?

Franchement, détrompez-vous ! Un temps que vous n’investissez pas n’est pas un temps libre mais un temps mort. Mort, au sens que vous ne serez plus capable d’en jouir ni au même présent ni de ses conséquences, au moment futur.

En effet, investir son temps est tout d’abord le concrétiser en un produit, en une compétence à acquérir ou en un travail à réaliser soit au niveau matériel ou spirituel. Ceci dit, il est clair qu’investir son temps veut surtout dire profiter de tout cela, mais qu’au même temps en jouir.

Cependant voir le temps libre comme un temps passager, un temps où nous devons se reposer, se relaxer, ne rien faire … c’est beau, mais ce n’est pas vrai ! En effet, on confond souvent « ne rien faire » avec « se reposer ». Effectivement, lorsqu’il s’agit de préciser ce : « ne rien faire » qu’on se trouve souvent perplexe, et on se console en chantant fort à la vie : carpe diem, finalement ce mythe de jouir du moment présent devient sitôt flou, et facile devient de tomber encore dans ce temps mort, confondu avec le temps libre.

D’où vient la malédiction ?

Cette interprétation scabreuse que flagrante de la notion du temps libre, vient essentiellement de notre société et notre culture. En effet, tout au long de notre vie, on est habitué à ce que notre temps d’activité soit structuré par notre société : soit par l’école ou par l’entreprise, notre emploi du temps est cerné et structuré selon un modèle bien précis et calculé : début de la journée à 8h, pause à 10h, fin à 18h … Ainsi, on n’a pas nécessairement besoin d’y réfléchir ou au moins le peser, on ne fait que s’y adapter, tel un astre dans son orbite déterminé par son système. Après tout, on ne fait que tourner autour de cet emploi, cette structure prête et offerte.

Jusque-là tout parait évident, certes, mais cette tendance à se laisser structuré est souvent dangereuse, surtout quand on n’est sevré du « pourquoi », ou lorsqu’on suit un modèle lorsqu’on a qu’un. Aujourd’hui et même bien hier, à l’instar des vêtements prêt-à-porter on assiste à la tendance du temps, du modèle prêt-à-vivre.

Néanmoins, je ne vous invite pas à bouleverser votre temps de travail, ou de cesser vos activités dès demain, avec la seule conviction que ce n’est pas vous qui décidez, mais je vous propose plutôt une autre façon de voir les choses, qui reste à vous de considérer.

La solution ?

Au lieu de se lever le matin, entamer sa journée à cette même façon fastidieuse, suivre son emploi heure après heure et se dire qu’après tout on doit le faire qu’on le veuille ou non. Donnez-vous plutôt de l’espoir et du courage et assumez ce que vous faites et surtout trouvez la bonne raison de le faire, car après tout si ça ne vous signifie plus grand chose alors vous ne donnerez plus grand chose en routeur. Et puis, votre vie serait ratée à tous les coups. Nourrit de cette pensée fataliste, mort ou vivant, on ne fait aucune différence.

Ce qui ne peut échapper à l’évidence est que le résultat n’est que le miroir de votre engagement : si vous vous engagez sans raison et vous espérez réussir c’est comme si vous vous regarder dans la vitre, l’air maussade et morose, et vous espérez voir un visage souriant et tout rose.

Comme vous l’avez noté, cela s’agit d’abord et finalement de vous. Que vous voyez manipulé, ou libre cela relève essentiellement de vous. Ne vous voilez pas la face. Oui, n’attendez pas qu’on vous structure votre temps, il est à vous, il est libre, quand vous le vivez, vous le vivez à votre façon, quand vous l’investissez, vous le faites avec raison et engagement. C’est cela ce qu’être libre veut dire. C’est la façon d’entreprendre, de gérer dans n’importe quelles circonstances données, aussi sévissant que soient elles. A vrai dire, se lamenter et se plaindre est une soumission, mais luter coute que coute relève de la liberté.

Quand ces heures de votre emploi finissent, ne vous déboussolez pas, car vous êtes assez responsable pour savoir valoriser seul votre temps. Et après tout, aucun ne peut donner la juste valeur de ce que vous faites mieux que vous. Car c’est vous qui le faites, alors ne tuer pas ce que vous faites, ne stérilisez jamais sa valeur, ou vous stériliserez votre raison la plus essentiel: votre existence.

Sentez-vous ce citoyen utile, heureux à faire du bien sur cette terre, libre à vouloir rêver d’un monde meilleur et non hésitant à agir afin que ça soit ainsi. Éventuellement, votre temps est libre malgré vous, que vous le soumettiez ou que vous le cultiviez demeure toujours votre choix.

crédit photo : Jeffry Surianto

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